Le ploutocrate, Patrice Talon, vient d’organiser une parodie d’élection au pays dit du renouveau démocratique, le Benin. Cette mascarade électorale confirme, aux yeux du monde, la nature réactionnaire de cet homme d’affaire qui depuis sa prise du pouvoir est entrain de mettre les secteurs juteux de l’économie béninoise en coupe réglée. Il est affligeant et lamentable que ceux ou celles qui poussent des jérémiades contre les pratiques liberticides, anti-démocratiques de Talon, se sont eux-mêmes qui, au nom de la « rupture » et d’une certaine lutte contre la « recolonisation » du Benin, avaient donné des consignes claires pour voter et soutenir le candidat Talon contre un autre valet de l’impérialisme français. Sans nul doute cette mascarade électorale du dimanche 28 avril va rester gravée dans les mémoires du peuple béninois. Pourquoi ? Dix-huit ans après le coup de force de la clique Kérékou lors des élections présidentielles de mars 2001, le Bénin vient de renouer avec un nouveau coup de force électoral pour imposer la volonté d’un seul homme. Cependant, on peut oser une telle assertion que la dictature n’avait pas été vaincue définitivement au Bénin comme le prétend certains faux démocrates au Togo et ailleurs en Afrique. L’illustration des élections législatives du 28 avril dernier confirme une chose: l’’élève Talon a bien assimilée les leçons de choses du défunt dictateur Kérékou qui pendant les élections présidentielles de mars 2001 avait muselé la presse, agressé des citoyens sans défense en l’occurrence le directeur de radio planète qui avait dû fuir pour sauver sa peau. Aujourd’hui, en déchainant dans le Nord une répression aveugle, barbare contre les masses en colère; en coupant en plein jour les réseaux sociaux, l’internet et les moyens de communications, la clique à Talon a montré amplement qu’ils sont les dignes héritiers de la dictature qui sévit actuellement au Togo. Cependant pour bien comprendre réellement ce qui se passe dans ce pays, il faut aussi analyser profondément les positions et pratiques des différents courants politiques qui avaient soutenu Talon avant, pendant et après les élections présidentielles de 2016.En analysants ces faits, on remarque que dès son élection à la présidence, on en a vu ceux qui sont allés s’assoir illico presto dans des commissions de reformes institutionnelles et administratives pour quelques miettes et liards; on a également vu une fraction de la petite bourgeoisie et la bourgeoisie bureaucratique à aller prendre des postes de responsabilités au sein de ce pouvoir autocratique qui était en train de prendre forme. Le moins qu’on puisse dire est que tous ces courants politiques (gauche ou de droite) sont allés chercher -sans retenu- leur part du gâteau auprès de cet homme d’affaire sans scrupule. Cette corruption des politiciens et faux démocrates béninois a laissé un fameux boulevard à Talon. Il en a profité pour placer des hommes liges à tous les niveaux de l’appareil d’état. Citons ici le cas de son intime ami et avocat, Joseph Djogbenou à la tête de la cour constitutionnelle. Il en a profité pour modifier -sans aucune résistance- la charte des partis en augmentant la caution présidentielle à 250 MILLIONS de francs CFA (500.000 DOLLARS) pour tous ceux qui veulent briguer un mandat présidentielle. Bref, il est clair que cette bagatelle somme de 250 000 000 de F CFA n’est pas à la portée de tous les béninois. Seuls ceux qui se sont servis dans les caisses du pouvoir ou bien ceux ou celles qui participent à diverses trafiques, en tout genre, peuvent trouver une telle somme. Dans ces conditions, il apparait que ce nouveau régime autocratique exclu définitivement les fils du peuple des élections en y instaurant un pouvoir ploutocrate.Sans nul doute cette parodie d’élection du 28 avril va permettre au sulfureux homme d’affaire Patrice Talon de consolider son pouvoir dans le but de suivre le sens du vent en Afrique où des autocrates de son acabit sont entrain de modifier à leurs guises les constitutions et autres lois fondamentales. Pour les démocrates togolais, la démocratie à la béninoise fait partie d’une simple mystification entretenue et financée de longue date par l’impérialisme international pour détourner sur une voie électorale les légitimes luttes des masses au Bénin et dans la sous région.La plus grande leçon que nous devons retenir de cette situation politique qui prévaut au Bénin c’est que l’alternance dans un régime néocolonial n’a rien à voir avec une véritable lutte pour la démocratie et la souveraineté. Nous demeurerons convaincus que la vraie lutte pour la démocratie exige, en effet, un bouleversement total dans tous les domaines : politique, économique, social, culturel et moral. Bruxelles, le 1er mai 2019
La rédaction de FM-TOGO-DEMOCRATIE
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